Indices sur les feuilles
Maladie des plantes : lire les symptômes avant de traiter
Un tableau pour passer d'un symptôme visible à ses causes probables, puis quatre vérifications pour séparer maladie, arrosage, lumière et ravageurs.

En bref
Pour reconnaître une maladie de plante, partez du symptôme visible : petites taches brunes cerclées d'un halo jaune (bactérie ou champignon), feutrage blanc farineux (oïdium), dépôt noir sur des feuilles collantes (fumagine sur le miellat de cochenilles), base de tige noire et molle (pourriture du collet, souvent après un excès d'eau). Vérifiez ensuite l'arrosage et la lumière, puis le dessous des feuilles, avant de conclure.
- Nommez d'abord le symptôme (tache, feutrage, dépôt, pourriture, toile), pas la maladie.
- Beaucoup de « maladies » sont un problème d'arrosage ou de lumière : vérifiez-les avant tout traitement.
- Feuilles collantes et dépôt noir : cherchez l'insecte qui produit le miellat, pas un champignon.
- Depuis 2019, un particulier n'a droit qu'aux produits autorisés pour les amateurs : suivez l'étiquette et la réglementation.
Une plante qui dépérit n'a pas forcément une maladie. Avant de chercher un nom de champignon ou un traitement, décrivez précisément ce que vous voyez, puis éliminez les causes les plus fréquentes : l'arrosage, la lumière et les insectes. Ce guide suit cet ordre.
Du symptôme aux causes probables
Regardez la plante en entier, puis le dessus et le dessous de trois ou quatre feuilles touchées, la base de la tige et la surface du terreau. Le tableau part de ce que vous observez.
| Ce que vous voyez | Causes probables | Ce qui confirme |
|---|---|---|
| Petites taches brunes, arrondies, au contour irrégulier, entourées d'un halo jaune | Maladie bactérienne ou fongique des feuilles | Les taches se multiplient par temps humide ; les feuilles touchées jaunissent puis sèchent |
| Feutrage blanc, farineux, sur les feuilles, les pousses ou sous les feuilles | Oïdium (un champignon) | Le dépôt s'efface au doigt ; feuilles crispées ou déformées |
| Dépôt noir ou brun, comme de la suie, sur le dessus des feuilles | Fumagine, qui pousse sur le miellat d'insectes | Feuilles collantes ; insectes à l'aisselle des feuilles |
| Feuilles collantes, sans dépôt noir | Miellat de cochenilles ou d'autres insectes suceurs | Amas de cire blanche cotonneuse, petites bêtes ovales |
| Amas blancs cotonneux à l'aisselle des feuilles | Cochenilles farineuses | Insectes ovales et aplatis, jusqu'à 4 mm |
| Fine marbrure pâle sur le dessus, fines toiles de soie | Acariens (araignées rouges) | Points de 1 mm ou moins sous les feuilles ; air chaud et sec |
| Base de la tige noire, brune ou molle, plante qui flétrit dans un terreau humide | Pourriture du collet et des racines | Racines brun foncé à noires, molles, qui se défont |
Quelques précisions tirées des fiches de référence. Sur la tomate, Ephytia (INRAE) décrit la moucheture bactérienne par de petites taches brunes à halo jaune assez marqué, puis des folioles qui jaunissent et se dessèchent : le halo est un indice, pas une signature, car d'autres maladies en font autant. La fiche Jardiner Autrement sur l'oïdium du laurier décrit un feutrage farineux, très léger, qui apparaît aussi sous les feuilles, et note que l'oïdium aime le temps chaud et humide sans eau sur les feuilles.
Pour les insectes, la Royal Horticultural Society indique que les cochenilles farineuses se cachent à l'aisselle des feuilles, entre les tiges et sous l'écorce, rejettent un miellat collant, et que la fumagine se développe sur ce miellat, surtout sur le dessus des feuilles. Les acariens tétranyques mesurent 1 mm ou moins, sont jaune-vert avec deux taches sombres, deviennent rouge orangé en automne, et prospèrent au chaud et au sec ; une forte infestation laisse une fine toile de soie.
Pour le collet, l'extension de l'université du Maryland rappelle que l'excès d'arrosage mène aux pourritures des racines : avec Phytophthora, le bas des tiges devient noir, brun ou mou, les feuilles basses jaunissent et tombent, et la plante peut flétrir alors que le terreau est humide. Attention à une confusion : Rhizoctonia forme des filaments brun-rouge qui ressemblent à une toile d'araignée sur les tiges et les racines, ce qui n'a rien à voir avec les acariens.
Maladie, arrosage, lumière ou ravageur : quatre vérifications
Faites ces vérifications dans l'ordre. Chacune élimine une cause fréquente avant de soupçonner une maladie.
- L'arrosage. Enfoncez un doigt dans le terreau sur deux phalanges. S'il est détrempé plusieurs jours après l'arrosage, sortez la motte : des racines blanches et fermes sont saines, des racines brun foncé et molles signalent une pourriture. Un terreau sec qui se décolle des parois indique au contraire un manque d'eau. Une soucoupe pleine d'eau stagnante suffit à noyer des racines.
- La lumière. Une plante qui s'étire vers la fenêtre, pâlit et perd ses feuilles du bas manque de lumière, ce qui n'est pas une maladie. Notez aussi tout déplacement récent : un changement d'exposition explique souvent une chute de feuilles soudaine.
- Les ravageurs. Retournez les feuilles avec une loupe ou l'appareil photo du téléphone en zoom. Cochenilles, acariens et miellat se voient souvent mieux sous la feuille et à l'aisselle des tiges.
- La maladie. Si l'arrosage, la lumière et les insectes sont écartés et que les symptômes ressemblent à une ligne du tableau, la piste d'une maladie devient sérieuse. Isolez la plante des autres et retirez les parties atteintes, comme le conseille la fiche oïdium de Jardiner Autrement, qui recommande aussi d'arroser au pied, de ne pas mouiller le feuillage le soir et de placer la plante dans un endroit aéré.
Si les feuilles jaunissent sans tache ni dépôt, notre guide feuilles jaunes détaille l'ordre des vérifications selon les feuilles touchées et le motif du jaune.
Ce qu'une photo permet de voir, et ce qu'elle ne montre pas
Une bonne photo montre les taches, leur couleur et leur contour, un feutrage, un dépôt noir, des insectes visibles et la base de la tige si vous la cadrez. Photographiez une feuille touchée de près, le dessous de la même feuille, puis la plante entière : notre guide pour bien photographier une plante explique comment cadrer et éclairer.
Une photo ne montre pas les racines, l'historique d'arrosage, la température de la pièce ni ce qui a changé ces dernières semaines (rempotage, déménagement, coup de froid). Elle ne permet pas non plus de distinguer une bactérie d'un champignon : c'est le travail d'un laboratoire.
Dans Plant Identifier, l'outil Diagnostiquer analyse une photo et rédige, avec une IA, une proposition : diagnostic, zones atteintes, étapes de traitement et prévention, avec un badge de gravité que l'IA rédige elle aussi. C'est une première piste, pas un diagnostic. Comparez-la au tableau ci-dessus, vérifiez l'arrosage et le dessous des feuilles, et posez vos questions dans la discussion sous le résultat ou à Flora, l'assistante de l'onglet Expert botaniste. Si Plant Identifier propose un traitement, confrontez-le à l'étiquette du produit et à la réglementation française décrite plus bas.
Produits de traitement : ce que la loi autorise aux jardiniers amateurs
En France, la loi n° 2014-110 du 6 février 2014, dite loi Labbé, interdit la vente, l'utilisation et la détention de produits phytopharmaceutiques destinés à un usage non professionnel. Dans sa version en vigueur, cette interdiction s'applique depuis le 1er janvier 2019. Elle ne vise pas trois familles de produits : les produits de biocontrôle figurant sur une liste établie par l'administration, les produits qualifiés à faible risque, et les produits dont l'usage est autorisé en agriculture biologique.
Ce guide n'indique aucun produit, aucun mélange maison et aucune dose. Avant tout traitement, vérifiez que le produit est autorisé pour les jardiniers amateurs, suivez l'étiquette et la réglementation. Souvent, retirer les parties atteintes, corriger l'arrosage et aérer suffit à freiner une maladie des feuilles.
Où obtenir un diagnostic fiable en France
- Ephytia (INRAE). La plateforme Ephytia réunit des fiches pour identifier les maladies et ravageurs des plantes cultivées, comprendre leur biologie et choisir une méthode de protection, ainsi que l'encyclopédie HYPP. Son application Di@gnoview permet aux techniciens et aux producteurs d'envoyer des photos de symptômes pour un diagnostic. Commencez par comparer vos symptômes aux photos des fiches de votre culture.
- Le réseau FREDON. FREDON France fédère 18 FREDON régionales, organisme à vocation sanitaire reconnu par les ministères chargés de l'agriculture, de la santé et de l'environnement. Le réseau assure la surveillance de la santé des végétaux et propose un service de diagnostic, la Clinique du végétal ; son expertise s'adresse aussi aux particuliers. Contactez la FREDON de votre région pour savoir comment faire analyser un échantillon.
Pour une plante d'intérieur dont vous ne connaissez pas le nom, identifiez-la d'abord : les fiches et les traitements dépendent de l'espèce. La clé des plantes d'intérieur vous y aide sans photo.
Ce qu'une photo ne permet pas de trancher
- Une photo ne distingue pas une tache bactérienne d'une tache due à un champignon : seule une analyse en laboratoire tranche.
- Les racines et le collet sont sous la terre : une photo des feuilles ne montre pas une pourriture qui commence sous le terreau.
- Une photo ne dit rien de l'arrosage, de la température ni des changements récents, qui expliquent beaucoup de symptômes.
Questions fréquentes
Comment savoir si ma plante est malade ou simplement mal arrosée ?
Touchez le terreau et sortez la motte. Un terreau détrempé avec des racines brunes et molles oriente vers l'excès d'eau et la pourriture des racines ; un terreau sec qui se décolle du pot, vers la soif. Une maladie laisse plutôt des taches, un feutrage ou une pourriture localisée sur une plante correctement arrosée.
Les feuilles de ma plante sont collantes, est-ce une maladie ?
Rarement. Une feuille collante porte presque toujours du miellat, le liquide sucré rejeté par des insectes suceurs comme les cochenilles. La fumagine, un dépôt noir ou brun, pousse ensuite sur ce miellat. Cherchez l'insecte à l'aisselle des feuilles et sous les feuilles.
Quels produits un particulier peut-il utiliser contre une maladie des plantes ?
En France, depuis le 1er janvier 2019, seuls les produits de biocontrôle listés, les produits à faible risque et ceux utilisables en agriculture biologique restent permis aux jardiniers amateurs (loi Labbé). Nous n'indiquons aucun produit ni aucune dose : suivez l'étiquette et la réglementation.
Une application peut-elle diagnostiquer une maladie à partir d'une photo ?
Elle peut proposer une piste à partir de ce qui est visible : taches, feutrage, insectes. Elle ne voit ni les racines, ni l'historique d'arrosage, ni ce qu'une analyse de laboratoire révélerait. Prenez sa réponse comme une première orientation, pas comme un diagnostic.
Sources
- Ephytia — INRAE
- Pseudomonas syringae pv. tomato (moucheture) — INRAE, Ephytia
- Laurier – Oïdium perforant — Jardiner Autrement (SNHF, avec l'Office français de la biodiversité)
- Mealybug (glasshouse) — Royal Horticultural Society (RHS)
- Glasshouse red spider mite — Royal Horticultural Society (RHS)
- Winter Indoor Plant Problems — University of Maryland Extension
- LOI n° 2014-110 du 6 février 2014 visant à mieux encadrer l'utilisation des produits phytosanitaires sur le territoire national (version consolidée) — Légifrance
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