Indices dans la nature

Fleurs des champs : les reconnaître par la forme, la couleur et le mois

Sept formes de fleur suffisent à ranger la plupart des fleurs sauvages de nos prés et bords de chemin dans leur famille, avant de chercher le nom exact.

Planche botanique à la gouache sur fond crème : cinq fleurs sauvages côte à côte, une grande marguerite, une campanule aux cloches bleu violet, une digitale pourpre, une achillée en bouquet blanc et une gesse aux fleurs roses en papillon
Illustration (générée par IA, à titre indicatif)

En bref

Pour nommer des fleurs des champs, partez de la forme de la fleur, qui donne la famille : capitule de marguerite, fleur en papillon du trèfle, ombelle de la carotte, fleur à deux lèvres des menthes, quatre pétales en croix des moutardes, coupe brillante des renoncules, cloche des campanules. Viennent ensuite la couleur, la feuille, le milieu et le mois : le coquelicot fleurit de mai à juillet, la chicorée sauvage de juillet à septembre.

  • La forme de la fleur d'abord : elle range presque toutes les fleurs des champs dans sept familles.
  • La couleur seule trompe : la chicorée, la vipérine et le bleuet sont bleus, et de trois familles différentes.
  • Une ombelle blanche ne se touche pas sans l'avoir nommée : grande ciguë et berce du Caucase sont dangereuses.
  • Certaines fleurs sauvages sont protégées : photographiez, ne cueillez pas.

Les fleurs des champs se nomment comme une enquête : on part d'un indice large, la forme de la fleur, qui donne la famille, puis on resserre avec la couleur, la feuille, le milieu et le mois. Ce guide donne la méthode et une douzaine de fleurs sauvages courantes en France. Pour filtrer à partir d'une description, sans photo, utilisez l'outil reconnaître une fleur : il trie, ce guide explique.

Sept formes de fleur, sept familles

Regardez une fleur ouverte de près, puis de côté. Sept formes couvrent l'essentiel des fleurs des champs.

  • Capitule (Astéracées, les « composées ») : ce qui ressemble à une fleur est une tête de dizaines de petites fleurs serrées. La pâquerette, la marguerite, la matricaire, l'achillée, le bleuet et la chicorée en font partie.
  • Fleur en papillon (Fabacées) : un grand pétale dressé, l'étendard, deux ailes et une carène en forme de bateau ; souvent des feuilles à trois folioles ou plus. Trèfles, lotier, vesces.
  • Ombelle (Apiacées, les « ombellifères ») : de nombreux rayons partent d'un même point comme les baleines d'un parapluie, chacun portant une petite ombelle de fleurs blanches ou jaunes. Carotte sauvage, berces, grande ciguë.
  • Fleur à deux lèvres (Lamiacées) : un tube qui s'ouvre en lèvre supérieure et lèvre inférieure, des feuilles opposées, une tige souvent carrée. Sauge des prés, brunelle, lamier, lierre terrestre.
  • Quatre pétales en croix (Brassicacées) : quatre pétales disposés en croix, souvent jaunes ou blancs, puis des fruits allongés, les siliques. Moutarde des champs, ravenelle.
  • Coupe brillante à cinq pétales (Renonculacées) : pétales jaunes vernissés, de nombreuses étamines au centre. Renoncule âcre, appelée bouton d'or, et renoncule rampante.
  • Cloche (Campanulacées) : corolle soudée en cloche, bleue ou violette. La campanule à feuilles rondes porte des cloches de 1 à 2 cm, penchées, sur des tiges grêles.

Certaines familles courantes ne rentrent dans aucune de ces cases : le coquelicot (Papavéracées) a quatre pétales en deux paires, la mauve (Malvacées) cinq pétales veinés de rose violacé, le millepertuis (Hypéricacées) cinq pétales jaunes ponctués de noir. Retenez-les à part.

Couleur, feuille, milieu, mois : resserrer jusqu'au nom

Une fois la famille trouvée, la couleur réduit la liste, la feuille la coupe en deux, et le milieu et le mois éliminent ce qui ne fleurit pas là, ou pas à ce moment. Les périodes ci-dessous sont celles de la Flore descriptive et illustrée de la France de l'abbé Coste.

Fleur Couleur Famille Floraison Où la chercher
Coquelicot (Papaver rhoeas) rouge vif Papavéracées mai à juillet champs et moissons
Bleuet (Centaurea cyanus) bleu Astéracées mai à juillet champs et moissons
Chicorée sauvage (Cichorium intybus) bleu Astéracées juillet à septembre bords de chemins et de prés
Grande mauve (Malva sylvestris) rose violacé veiné Malvacées juin à septembre décombres, haies, chemins
Grande marguerite (Leucanthemum vulgare) blanc, cœur jaune Astéracées mai à août prairies, lieux herbeux
Matricaire camomille (Matricaria chamomilla) blanc, cœur jaune Astéracées mai à octobre champs, bords de chemins
Achillée millefeuille (Achillea millefolium) blanc, souvent rosé Astéracées juin à septembre prés, bois, bords de chemins
Vipérine (Echium vulgare) bleu ou violacé Boraginacées mai à août lieux secs et pierreux
Millepertuis perforé (Hypericum perforatum) jaune vif Hypéricacées juin à septembre lieux secs incultes
Trèfle des prés (Trifolium pratense) pourpre Fabacées mai à septembre prés, pâturages

Quelques détails qui tranchent sur le terrain :

  • Coquelicot : une fleur rouge écarlate de 3 à 10 cm, quatre pétales en deux paires, deux sépales qui tombent à l'ouverture, une tige hérissée de poils raides, d'après la fiche Infloweb du coquelicot.
  • Chicorée sauvage : capitules bleus posés par un à trois le long de rameaux raides et divergents ; les feuilles du haut sont réduites à de petites bractées.
  • Vipérine : toute la plante est hérissée de poils raides, et les étamines dépassent de la corolle bleue de 12 à 18 mm.
  • Millepertuis perforé : tenez une feuille devant le ciel, elle paraît criblée de points transparents ; la tige porte deux lignes saillantes.
  • Achillée : feuilles très finement divisées en segments nombreux qui ne sont pas dans un même plan ; petits capitules serrés en bouquet plat.
  • Trèfle des prés : grosses têtes pourpres presque sans pédoncule, juste au-dessus des feuilles supérieures.

Les sosies à connaître, dont deux dangereux

Grande marguerite ou matricaire. Regardez la feuille, pas la fleur. La grande marguerite a des feuilles dentées ou lobées et des capitules qui atteignent 4,5 cm. Les matricaires ont des feuilles découpées en lanières presque filiformes et des capitules d'environ 2 cm. La matricaire camomille dégage une odeur aromatique au froissement et ses fleurs sont portées par un réceptacle conique et creux : coupez un capitule en deux pour le voir. La matricaire inodore, elle, est presque sans odeur.

Grande ciguë ou carotte sauvage. C'est la paire qui compte le plus. Les deux portent des ombelles blanches en été. La grande ciguë, que NC State Extension dit très toxique et parfois mortelle, est glabre : tige creuse, lisse, rayée de fines lignes et tachée de pourpre ou de brun rouge, feuilles très découpées comme celles du persil, odeur désagréable au froissement. La carotte sauvage a au contraire une tige hérissée de poils raides et des ombelles plates de 7 à 10 cm, souvent marquées d'une petite fleur pourpre au centre. Tige lisse et tachée : pensez ciguë ; tige velue : carotte, mais une fleur centrale pourpre ne suffit pas à trancher. Ne froissez pas, ne goûtez pas : observez avec les yeux et lavez-vous les mains si vous avez touché une ombellifère inconnue. Les végétaux sont en cause dans 5 % des intoxications recensées par les centres antipoison, et une appli ne suffit jamais pour décider qu'une plante se mange. En cas d'ingestion : pour une personne, appelez un centre antipoison, ou le 15 ou le 112 en cas de détresse vitale. Pour un animal, appelez votre vétérinaire ou un centre antipoison vétérinaire : CNITV 04 78 87 10 40 ou CAPAE-Ouest 02 40 68 77 40, de 8 h 30 à minuit. En Belgique, Centre Antipoisons : 070 245 245 ; en Suisse, Tox Info Suisse : 145.

Berce du Caucase ou berce commune. La fiche de reconnaissance de l'Anses décrit la berce du Caucase comme une plante géante de 2 à 3 m, parfois 5 m, à tige creuse cannelée souvent mouchetée de pourpre, à feuilles de 60 à 120 cm terminées en longues pointes et à ombelle centrale de 50 à 120 rayons environ. La berce commune, indigène, reste plus modeste : feuilles de 15 à 60 cm sans longue pointe, pétiole creusé en gouttière, ombelles de 10 à 40 rayons. La sève de la berce du Caucase est phototoxique et peut causer de graves dermites : ne la touchez pas. L'Anses demande de signaler toute nouvelle observation, par exemple au conservatoire botanique national de votre région ou via l'application INPN-Espèces. Notre page sur la berce du Caucase détaille ses caractères.

Chicorée, vipérine ou bleuet. Trois fleurs bleues, trois familles. Le capitule plat de la chicorée, la grappe de fleurs en tube à étamines saillantes de la vipérine, le capitule à fleurs extérieures rayonnantes du bleuet se séparent d'un coup d'œil une fois la forme regardée.

Fleurs protégées : regarder sans cueillir

Certaines fleurs sauvages sont protégées par la loi. L'arrêté du 20 janvier 1982, modifié notamment en 1995, interdit en tout temps et sur tout le territoire métropolitain la destruction, la coupe, l'arrachage, la cueillette, la vente et l'achat des spécimens sauvages des espèces de son annexe I, parmi lesquelles la tulipe sauvage (Tulipa sylvestris subsp. sylvestris). Pour les espèces de l'annexe II, comme l'adonis printanier, la récolte est soumise à autorisation ministérielle. Des listes régionales complètent cette liste nationale, comme en Île-de-France l'arrêté du 11 mars 1991. La règle simple : une fleur que vous ne savez pas nommer reste sur pied, et c'est la photo que vous emportez.

Des outils gratuits pour les plantes sauvages, et où se place le nôtre

Pour les plantes sauvages, trois outils gratuits font référence, et il serait malhonnête de ne pas les citer.

  • Pl@ntNet est un projet de sciences participatives dont la marque appartient au Cirad, à l'INRAE, à Inria et à l'IRD ; il se présente comme « libre et gratuit pour tous » et vous permet de partager vos observations.
  • Flora Incognita annonce plus de 30 000 espèces, une appli sans frais ni publicité et un mode hors ligne.
  • iNaturalist, organisation à but non lucratif, indique ne facturer ni le téléchargement de ses applis ni abonnement.

Plant Identifier, gratuit à télécharger sur iPhone, fonctionne autrement : une seule photo, de la fleur ou de la plante entière, et une réponse avec le nom commun, le nom scientifique et une description ; il faut une connexion internet. Si vous autorisez la localisation, la Carte des plantes de Plant Identifier garde l'endroit où chaque fleur a été identifiée, utile pour retrouver un talus de vipérine l'été suivant. Pour des photos qui donnent un bon résultat, quelle que soit l'appli, suivez comment bien photographier une plante, et si la plante pousse dans votre gazon, passez au guide des mauvaises herbes de la pelouse.

Ce qu'une photo ne permet pas de trancher

  • Une photo ne transmet ni l'odeur d'une tige froissée ni la texture d'un poil, deux indices qui séparent la grande ciguë de la carotte sauvage.
  • Beaucoup d'ombellifères blanches ne se départagent qu'au fruit mûr ; une fleur seule ne suffit pas.
  • Aucune appli ne dit si une plante se mange : ne décidez jamais de cela à partir d'une photo.
  • Le statut de protection dépend de la région : seul l'arrêté national ou régional fait foi, pas un résultat d'appli.

Questions fréquentes

Quelle est cette fleur bleue au bord du chemin ?

En été, trois candidates reviennent souvent. La chicorée sauvage a de grands capitules bleus serrés contre des tiges raides et très ramifiées. La vipérine est hérissée de poils raides, avec des étamines qui dépassent de la fleur. Le bleuet, plutôt dans les champs de céréales, fleurit de mai à juillet.

Comment distinguer la marguerite de la matricaire ?

Regardez la feuille. La grande marguerite a des feuilles dentées ou lobées et des capitules qui atteignent 4,5 cm. La matricaire a des feuilles découpées en segments presque filiformes et des capitules d'environ 2 cm ; la matricaire camomille sent fort au froissement et son réceptacle est creux.

Peut-on cueillir des fleurs des champs ?

Pas toutes. L'arrêté du 20 janvier 1982 interdit la cueillette des spécimens sauvages des espèces de sa liste nationale, et des listes régionales la complètent. Si vous ne connaissez pas la plante, photographiez-la sans la cueillir.

Quelle appli gratuite pour reconnaître une fleur sauvage ?

Pl@ntNet, projet de sciences participatives dont la marque appartient à des instituts de recherche publics français, se présente comme libre et gratuit. Flora Incognita se dit gratuite et sans publicité, et iNaturalist sans frais ni abonnement. Plant Identifier est gratuit à télécharger sur iPhone.

Sources

  1. Coquelicot (Papaver rhoeas) — Infloweb (Acta, INRAE et instituts techniques)
  2. Matricaire camomille (Matricaria recutita) — Infloweb (Acta, INRAE et instituts techniques)
  3. Conium maculatum (Poison Hemlock) — NC State Extension, Plant Toolbox
  4. Daucus carota (Queen Anne's Lace) — NC State Extension, Plant Toolbox
  5. Fiche de reconnaissance : la berce du Caucase — Anses, Laboratoire de la santé des végétaux
  6. Arrêté du 20 janvier 1982 fixant la liste des espèces végétales protégées sur l'ensemble du territoire — AIDA (Ineris)
  7. Plantes — Association des centres antipoison et de toxicovigilance
  8. Pl@ntNet, identifier une plante à partir d'une photo — Pl@ntNet (Cirad, INRAE, Inria, IRD)

Mis à jour le · Rédigé par l'équipe Plant Identifier · Notre méthode de rédaction

Publié le

Cette page donne des informations générales pour reconnaître les plantes. Ne décidez jamais d'après une page ou une application si une plante est comestible, sans danger au toucher ou pour les enfants et les animaux : demandez à un médecin, à un vétérinaire ou à un centre antipoison.