Plantes et sécurité

Plantes toxiques du jardin et de la maison : la liste et comment les reconnaître

La liste réglementée par l'arrêté de 2020, les plantes que vous croisez vraiment au jardin et au salon, leurs sosies, et les numéros à appeler en cas de doute.

Planche botanique à la gouache sur fond crème : un épi d'aconit aux fleurs bleu-violet en casque, une tige de belladone aux fleurs en cloche brun violacé et aux baies noires luisantes, une grappe pendante de fleurs jaunes de cytise et un ricin aux grandes feuilles palmées rougeâtres et aux capsules rouges hérissées
Illustration (générée par IA, à titre indicatif)

En bref

Plante toxique au jardin ou à la maison : la référence en France est l'arrêté du 4 septembre 2020, qui liste 58 plantes vendues dans le commerce, dont 19 toxiques en cas d'ingestion (laurier-rose, if, digitale, aconit, ricin), 10 par contact (pothos, dieffenbachia, euphorbes), 6 au soleil et 23 au pollen allergisant. En cas d'ingestion, appelez un centre antipoison, ou le 15 ou le 112 en cas de détresse.

  • Depuis le 1er juillet 2021, les vendeurs de plantes doivent informer l'acheteur de la toxicité des 58 plantes de l'arrêté, en magasin comme en ligne.
  • Une plante absente de la liste n'est pas pour autant sans risque : les arums, les narcisses ou les cytises font partie des plantes les plus souvent en cause dans les appels aux centres antipoison.
  • Gardez l'étiquette ou une photo de la plante : c'est la première chose que le centre antipoison vous demandera.

Un laurier-rose dans la cour, un if en haie, un pothos sur l'étagère, des digitales en bordure : beaucoup de plantes toxiques sont des plantes ordinaires. Cette page part de la liste officielle française, l'arrêté du 4 septembre 2020, et vous dit comment reconnaître les plantes de cette liste que vous avez le plus de chances de croiser, avec leurs sosies. Elle ne donne ni symptômes détaillés ni traitement : c'est le rôle du centre antipoison.

Que faire tout de suite

  1. Détresse vitale (la personne respire mal, perd connaissance, convulse) : appelez le 15 ou le 112 (le 114 pour les personnes malentendantes), comme le rappellent les fiches de l'Anses.
  2. Dans tous les autres cas, même sans symptôme, après l'ingestion d'une plante douteuse ou connue comme toxique : appelez un centre antipoison. Le numéro national affiché par l'association des centres antipoison est le 01 45 42 59 59, joignable 24 h/24 selon le Vigil'Anses n°26 ; le site liste aussi les numéros des centres régionaux (Angers, Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Nancy, Paris, Toulouse).
  3. Gardez la plante : l'étiquette du pot, un morceau dans un sac ou des photos de la feuille, de la fleur et du fruit. L'Anses conseille de conserver l'étiquette ou une photographie pour faciliter l'identification.
  4. N'improvisez aucun remède : décrivez ce qui s'est passé et suivez les consignes du centre.
  5. Pour un animal, les centres antipoison humains indiquent ne pas le prendre en charge : appelez votre vétérinaire ou le CNITV (04 78 87 10 40, 7 jours sur 7, de 8 h 30 à minuit) ou le CAPAE-Ouest à Nantes (02 40 68 77 40, de 8 h 30 à minuit). Nos pages sur les plantes toxiques pour les chats et les plantes toxiques pour les chiens détaillent les plantes en cause pour chaque animal.

En Belgique, appelez le Centre Antipoisons (070 245 245) ; en Suisse, Tox Info Suisse (145).

La liste officielle : l'arrêté du 4 septembre 2020

L'arrêté du 4 septembre 2020, publié au Journal officiel du 12 septembre 2020, oblige les vendeurs de plantes à informer l'acheteur avant la vente. Il s'applique depuis le 1er juillet 2021. En magasin, l'information figure sur un document placé à proximité immédiate des plantes ; en vente à distance, sur le même support que la présentation de la plante. Elle vaut pour toutes les variétés et tous les cultivars des espèces listées. Sont notamment exclus les fleurs coupées, les rameaux feuillés, les plantes vendues pour être consommées, le matériel forestier de reproduction et les mélanges de semences de gazon.

Selon l'Anses, la liste compte 58 plantes en quatre catégories :

Catégorie de l'arrêté Nombre Exemples
Toxiques en cas d'ingestion 19 laurier-rose, if, digitale pourpre, aconit, ricin, colchique
Toxiques par contact avec la peau, la bouche ou les yeux 10 pothos, dieffenbachia, philodendron, spathiphyllum, euphorbes
Réaction de la peau au soleil après contact 6 angélique, dictame blanc, berce sphondyle, livèche, rue
Pollen pouvant entraîner une allergie respiratoire 23 bouleaux, cyprès, frêne, olivier, armoises, graminées

L'Anses a rédigé une fiche par plante pour les trois premières catégories (parties toxiques, signes possibles, prévention, conduite à tenir), et le site plantes-risque.info permet de chercher une plante par son nom courant ou latin. La liste ne couvre pas encore les départements et régions d'outre-mer.

Les 19 plantes toxiques en cas d'ingestion, et comment les reconnaître

Le tableau reprend les noms de l'arrêté. Les repères visuels servent à vous mettre sur la piste ; ils ne remplacent ni l'étiquette ni l'avis d'un professionnel. D'après les fiches de l'Anses, toutes les parties sont toxiques pour la plupart de ces plantes ; pour le lupin, ce sont les graines.

Plante (nom latin) Où on la croise Repères pour la reconnaître
Aconit, casque-de-Jupiter (Aconitum) massifs, montagne épi dressé de fleurs bleu-violet en forme de casque ; feuilles palmées très découpées
Belladone (Atropa belladonna) lisières, coupes forestières fleurs en cloche brun violacé ; baies noires luisantes posées sur une étoile de cinq sépales
Brugmansia, trompette des anges grands pots, vérandas arbuste aux très grandes fleurs en trompette, pendantes
Datura stramoine et Datura wrightii potagers, friches, massifs fleurs blanches ou mauves en trompette, dressées ; fruit hérissé d'épines (« pomme épineuse »)
Colchique (Colchicum autumnale) prés humides, sous-bois fleurs mauves sans feuilles à l'automne ; feuilles charnues au printemps
Grande ciguë (Conium maculatum) talus, friches grande ombellifère à fleurs blanches, tige tachée de pourpre
Petite ciguë, ciguë des jardins (Aethusa cynapium) potagers, cultures petite ombellifère aux feuilles finement découpées
Ciguë aquatique (Cicuta virosa) bords d'eau ombellifère des fossés et des berges
Daphné lauréole et bois-gentil (Daphne) sous-bois, jardins arbustes ; le bois-gentil fleurit rose avant ses feuilles, en fin d'hiver
Pied-d'alouette, dauphinelle (Delphinium) massifs hauts épis de fleurs bleues munies d'un éperon
Digitale pourpre (Digitalis purpurea) lisières, jardins hampe de fleurs en doigt de gant, tachetées à l'intérieur ; grandes feuilles duveteuses
Lis glorieux (Gloriosa superba) pots, vérandas grimpante aux fleurs rouges et jaunes à pétales retournés
Laurier-rose (Nerium oleander) cours, terrasses, sud de la France feuilles étroites et coriaces groupées par trois ; fleurs roses, blanches ou rouges
Lupin (Lupinus) massifs feuilles composées en étoile ; épis de fleurs ; gousses
Ricin (Ricinus communis) massifs d'été grandes feuilles palmées souvent rougeâtres ; capsules épineuses
If (Taxus baccata) haies, parcs, cimetières aiguilles plates vert foncé ; petits fruits rouges en coupe
Thévétia du Pérou, laurier jaune vérandas, outre-mer fleurs jaunes en entonnoir ; feuilles étroites et luisantes

Le laurier-rose a sa propre fiche pour le reconnaître de près.

Plantes d'intérieur et plantes de contact

La catégorie « contact » concerne surtout la maison. Pothos, philodendron, dieffenbachia, spathiphyllum, alocasia, caladium et colocasia sont des Aracées : selon les fiches de l'Anses, leurs feuilles et leurs tiges sont toxiques. Les euphorbes produisent un latex irritant pour la peau, la bouche et les yeux ; l'arrêté exclut de cette catégorie le poinsettia, ce qui ne prouve pas son innocuité. La primevère obconique et le sumac vénéneux complètent la liste.

Pour reconnaître ces plantes d'intérieur : les Aracées ont souvent de grandes feuilles sur un long pétiole et une fleur faite d'une spathe (une sorte de pétale unique) enroulée autour d'un épi ; les euphorbes laissent couler un liquide blanc dès qu'une feuille ou une tige est cassée.

Au jardin, la catégorie « soleil » rassemble l'angélique, le dictame blanc, la berce sphondyle, la livèche et la rue des jardins : le contact avec la plante suivi d'une exposition au soleil peut provoquer une réaction anormale de la peau. Portez des gants et des manches longues pour les tailler. La berce du Caucase, une espèce voisine bien plus grande, ne figure pas dans l'arrêté, qui ne vise que les plantes vendues dans le commerce.

Les sosies à connaître

Les accidents graves viennent souvent d'une confusion. L'aide-mémoire de l'Anses et des centres antipoison recense en moyenne 250 cas par an de confusion entre une plante toxique et une plante comestible. Les paires qu'il cite :

  • Colchique confondu avec l'ail des ours ou le poireau sauvage : au printemps, seules les feuilles du colchique sont visibles, et elles poussent dans les mêmes sous-bois. Le colchique fait partie des plantes les plus souvent en cause dans les intoxications graves.
  • Belladone confondue avec le raisin, le cassis ou la myrtille : des baies noires et brillantes.
  • Cytise confondu avec les fleurs de robinier (« acacia ») : deux grappes de fleurs pendantes, jaunes chez le cytise.
  • Digitale confondue avec la consoude : deux rosettes de grandes feuilles velues.
  • Arum confondu avec l'oseille ou l'épinard ; œnanthe safranée avec la carotte sauvage ; marron d'Inde avec la châtaigne ; bulbes de narcisse ou de jacinthe avec des oignons.

La règle de l'Anses est simple : en cas de doute sur l'identification, on ne consomme pas. Un nom proposé par une application ne suffit jamais pour décider qu'une plante se mange.

Ce que la liste ne dit pas

L'arrêté vise les plantes vendues pour l'ornement. Il ne couvre ni les plantes sauvages, ni les plantes du potager, ni les bouquets. Or, d'après le Vigil'Anses n°26 (juillet 2025), sur 23 906 intoxications par des plantes signalées aux centres antipoison de 2012 à 2021, 40 % concernaient des plantes des parcs et jardins, 31 % des plantes sauvages, 13 % des plantes alimentaires et 12 % des plantes d'appartement. Près de la moitié des personnes intoxiquées étaient des enfants de moins de six ans.

Les arums arrivent en tête (22 % des cas), devant les euphorbes ; les narcisses, le cotoneaster, le marronnier d'Inde, le laurier-palme et les cytises figurent aussi dans le classement, sans être dans l'arrêté. L'Anses recommande d'y ajouter six plantes : coloquintes, pavot somnifère, scille maritime, jéquirity, jusquiame noire et corroyère à feuilles de myrte.

Mettre un nom sur une plante du jardin

Avant de chercher dans une liste, il faut le bon nom. Regardez l'étiquette ou le ticket de la jardinerie, puis photographiez la plante entière, une feuille dessus et dessous, la fleur et le fruit : notre guide pour identifier une plante par ses feuilles dit quoi observer. Plant Identifier propose, à partir d'une seule photo, un nom et un outil Toxicologie qui écrit des notes générées par IA sur les parties toxiques chez l'humain, le chien et le chat. Prenez-les comme une piste : vérifiez le nom sur plantes-risque.info et dans la fiche de l'Anses, et, en cas d'exposition, appelez le centre antipoison.

Ce qu'une photo ne permet pas de trancher

  • Une photo ne dit pas quelle quantité a été avalée ni quelle partie de la plante : c'est ce qui compte pour le centre antipoison.
  • Les ombellifères (ciguës, œnanthe, carotte sauvage, persil) se ressemblent beaucoup : aucune application ne permet de trancher seule entre une espèce toxique et une espèce comestible.
  • Qu'une plante n'apparaisse pas dans l'arrêté ne prouve pas qu'elle ne présente aucun risque.

Questions fréquentes

Quelle est la plante la plus toxique du jardin ?

Il n'y a pas de classement officiel. Dans l'étude de l'Anses sur dix ans d'appels aux centres antipoison (2012-2021), les intoxications graves impliquaient surtout le datura et le colchique, puis la digitale, le vérâtre blanc, l'aconit et l'œnanthe safranée, souvent après une confusion avec une plante comestible.

Le vendeur doit-il me dire qu'une plante est toxique ?

Oui, pour les 58 plantes de l'arrêté du 4 septembre 2020, depuis le 1er juillet 2021 : l'information doit figurer sur un document placé près des plantes en magasin, ou à côté de la fiche produit en vente à distance. Les fleurs coupées et les plantes vendues pour être consommées ne sont pas concernées.

Le cytise est-il sur la liste officielle ?

Non. Le cytise (Laburnum) ne figure pas dans l'arrêté de 2020. L'Anses le cite pourtant parmi les plantes les plus souvent en cause dans les appels aux centres antipoison, et met en garde contre sa confusion avec les fleurs de robinier, dit acacia.

Les centres antipoison répondent-ils pour un chien ou un chat ?

Non, ils indiquent ne pas prendre en charge les animaux. Appelez votre vétérinaire ou un centre antipoison vétérinaire : le CNITV (04 78 87 10 40) ou le CAPAE-Ouest à Nantes (02 40 68 77 40).

Une application peut-elle me dire si une plante est toxique ?

Elle peut proposer un nom, que vous comparez ensuite à la liste officielle et aux fiches de l'Anses. Elle ne sait pas quelle partie a été touchée ou avalée, ni en quelle quantité : en cas d'exposition, c'est le centre antipoison qui évalue le risque.

Sources

  1. Arrêté du 4 septembre 2020 relatif à l'information préalable devant être délivrée aux acquéreurs de végétaux susceptibles de porter atteinte à la santé humaine — Légifrance (JORF n°0223 du 12 septembre 2020)
  2. Les plantes toxiques vendues dans le commerce — Anses
  3. Fiches d'information : plantes toxiques en cas d'ingestion (juin 2021) — Anses
  4. Vigil'Anses n°26 : les plantes à l'origine d'intoxications fréquentes ou graves (juillet 2025) — Anses
  5. Plantes toxiques et plantes comestibles : attention aux confusions (aide-mémoire) — Anses et Centres antipoison
  6. Plantes Risque : rechercher une plante — plantes-risque.info
  7. Association des centres antipoison et de toxicovigilance — Centres antipoison (France)
  8. Centre Anti Poison Vétérinaire — CNITV (Centre National d'Informations Toxicologiques Vétérinaires)

Mis à jour le · Rédigé par l'équipe Plant Identifier · Notre méthode de rédaction

Publié le

Cette page donne des informations générales pour reconnaître les plantes. Ne décidez jamais d'après une page ou une application si une plante est comestible, sans danger au toucher ou pour les enfants et les animaux : demandez à un médecin, à un vétérinaire ou à un centre antipoison.