Plante envahissante en portrait
Renouée du Japon : la reconnaître avant qu'elle ne s'étende
Des tiges creuses tachées de pourpre, des feuilles à base bien droite, des grappes blanc crème en fin d'été : les repères pour identifier la renouée du Japon, la séparer de ses cousines et ne pas la disperser.

En bref
La renouée du Japon (Reynoutria japonica) est une grande plante vivace d'Asie de l'Est qui forme des massifs de 1 à 3 m. Ses tiges creuses rappellent le bambou, vertes à rougeâtres, souvent tachées de pourpre. Ses feuilles alternes, ovales à triangulaires, mesurent 7 à 15 cm et ont une base droite. En août et septembre, elle porte des grappes de petites fleurs blanc crème.
- Tiges creuses comme du bambou, feuilles à base droite et dos des nervures sans poils : la combinaison qui la distingue, selon le gouvernement du Québec.
- Elle se propage surtout par fragments de tiges et de rhizomes : ne la coupez pas au hasard, ne compostez pas les déchets.
- Les renouées asiatiques figurent depuis juillet 2025 sur la liste des espèces préoccupantes pour l'Union européenne.
- Au Québec, signalez-la avec l'outil Sentinelle, même si vous n'êtes pas certain de l'espèce.
Les critères en un coup d'œil
- Nom scientifique
- Reynoutria japonica
- Famille
- Polygonaceae (famille de l'oseille et du sarrasin)
- Type
- Mauvaise herbe
- Taille
- Colonies de 1 à 3 m de haut, à croissance rapide (gouvernement du Québec).
- Tiges
- Rondes, lisses, creuses, d'allure de bambou ; vertes à rougeâtres, parfois tachées de pourpre, et facilement cassables.
- Feuilles
- Alternes, ovales à triangulaires, pointues au bout, à base droite, non dentelées ; 7 à 15 cm de long sur 5 à 12 cm de large.
- Dos des feuilles
- Pas de poils sur les nervures, contrairement aux renouées de Sakhaline et de Bohème (gouvernement du Québec).
- Fleurs
- Petites, blanc crème, de 2 à 3 mm, en grappes de 2 à 4 cm.
- Floraison
- Août et septembre, selon le gouvernement du Québec.
- Rhizomes
- Tiges souterraines ligneuses, brun foncé dehors, orangées dedans ; elles s'étendent jusqu'à environ 7 m des tiges.
- Milieux
- Rives des cours d'eau et des lacs, bords de routes et de voies ferrées, friches, jardins (gouvernement du Québec).
- Statut
- Espèce exotique envahissante, inscrite en 2025 sur la liste des espèces préoccupantes pour l'Union européenne (règlement 1143/2014).
La renouée du Japon pousse au bord des rivières, des routes et des voies ferrées, dans les friches et parfois au fond des jardins. La base d'informations du Centre de ressources EEE rappelle qu'elle a été vendue en Europe comme plante ornementale à partir de 1842. Elle se reconnaît assez bien : regardez dans l'ordre les tiges, les feuilles, puis les fleurs.
Reconnaître la renouée du Japon
1. Les tiges. Selon la fiche du gouvernement du Québec, elles sont rondes, lisses et creuses, et ressemblent à du bambou. Leur couleur va du vert au rougeâtre, souvent avec des taches pourpres. Elles atteignent jusqu'à 3 m et cassent facilement. Un pied compte plusieurs tiges serrées.
2. Les feuilles. Alternes, ovales à triangulaires, elles se terminent en pointe et ont une base droite, comme coupée net. Leur bord n'est pas dentelé. Elles mesurent 7 à 15 cm de long sur 5 à 12 cm de large. Retournez-en une : chez la renouée du Japon, les nervures du dessous n'ont pas de poils.
3. Les fleurs. En août et septembre, de petites fleurs blanc crème de 2 à 3 mm forment des grappes de 2 à 4 cm. Elles donnent de petits fruits blancs d'environ 3 mm.
4. Sous la terre. Les rhizomes sont ligneux, brun foncé dehors et orangés dedans. La base d'informations du Centre de ressources EEE précise qu'ils dépassent rarement un mètre de profondeur dans la plupart des sols naturels, mais s'étendent sur plusieurs mètres autour des dernières tiges, parfois jusqu'à 7 m.
Pour une photo, cadrez une tige entière avec ses feuilles, puis le revers d'une feuille. Plant Identifier propose souvent un nom à partir de ces vues. L'application n'affiche ni score de confiance ni liste d'espèces voisines, et ne voit pas toujours les poils des nervures : vérifiez avec les critères ci-dessous. Sa carte des plantes garde l'emplacement de la photo, ce qui aide à signaler le massif. Notre guide pour identifier une plante par ses feuilles explique quoi regarder.
Renouée du Japon, de Sakhaline ou de Bohème ?
Le gouvernement du Québec note que la renouée du Japon ne ressemble à aucune plante indigène. La confusion se fait avec deux autres renouées asiatiques, elles aussi envahissantes :
| Critère | Renouée du Japon | Renouées de Sakhaline et de Bohème |
|---|---|---|
| Poils au dos des feuilles | aucun sur les nervures | présents sur les nervures |
| Taille et forme des feuilles | 7 à 15 cm, base droite | différentes, ce qui permet souvent de les distinguer |
La renouée de Bohème est un hybride de la renouée du Japon et de la renouée de Sakhaline. Le Québec les juge si proches qu'il les traite ensemble pour leur répartition. Pour la gestion, la différence compte peu : les trois sont visées par la même mise à jour de la liste européenne.
Pourquoi elle pose problème
La base d'informations du Centre de ressources EEE décrit des tiges qui poussent jusqu'à 10 cm par jour au printemps et forment un couvert continu de 3 à 4 m. À l'ombre de ce couvert, la plupart des autres plantes ne se régénèrent plus, et la diversité végétale et animale diminue. Le gouvernement du Québec ajoute qu'elle peut favoriser l'érosion des rives et que ses racines et ses tiges peuvent s'infiltrer dans les infrastructures.
Le Centre de ressources EEE indique qu'une mise à jour de juillet 2025 a ajouté Reynoutria japonica, Reynoutria x bohemica et Reynoutria sachalinensis à la liste des espèces préoccupantes pour l'Union européenne, au titre du règlement (UE) n° 1143/2014. Au Québec, selon le ministère, sa culture et sa vente sont interdites depuis le 4 juin 2026.
Ne pas la disperser, la signaler
La renouée du Japon se propage surtout par des fragments de rhizomes ou de tiges, transportés par l'eau, par des engins mal nettoyés ou avec de la terre déplacée. Le gouvernement du Québec recommande donc de ne pas semer, planter ni transporter cette plante, de ne pas réutiliser de terre qui contient des résidus de renouée, et de jeter les déchets aux ordures, sans les composter ni les laisser dans la nature.
Il prévient aussi que couper uniquement les tiges ne permet pas d'éliminer une colonie, et qu'une seule coupe peut même stimuler sa croissance. La lutte est difficile et peut prendre plusieurs années ; mieux vaut agir dès l'apparition d'une nouvelle colonie. Le ministère cite les herbicides homologués en dernier recours : suivez l'étiquette et les règles locales. Près d'une rive ou d'un milieu humide, une autorisation peut être nécessaire : consultez votre municipalité.
Pour la signaler, le ministère québécois demande d'utiliser l'outil Sentinelle, même si vous n'êtes pas certain de l'espèce : une équipe vérifie chaque signalement. En France, en Belgique et en Suisse, renseignez-vous auprès de votre commune ou de votre région. Pour d'autres plantes envahissantes des bords de chemin, voyez nos pages sur la berce du Caucase et l'ambroisie.
Espèces proches et comment les distinguer
Renouée de Sakhaline (Reynoutria sachalinensis)
Autre renouée asiatique envahissante. Selon le gouvernement du Québec, la taille et la forme des feuilles permettent souvent de la distinguer, et elle porte des poils sur les nervures au dos des feuilles, absents chez la renouée du Japon.
Renouée de Bohème (Reynoutria x bohemica)
Hybride des deux précédentes, très proche de la renouée du Japon sur le terrain : le Québec les traite ensemble pour leur répartition. Retournez une feuille : la renouée de Bohème a des poils sur les nervures du dessous, la renouée du Japon n'en a pas.
Ce qu'une photo ne permet pas de trancher
- Une photo du dessus ne montre pas les poils au dos des feuilles : une application peut confondre renouée du Japon et renouée de Bohème. Photographiez aussi le revers d'une feuille.
- Au printemps, les jeunes pousses et les rhizomes se reconnaissent mal sur photo ; faites confirmer par un organisme spécialisé de votre région.
- Ni une application ni cette page ne remplacent les règles locales sur l'arrachage, le transport de terre ou les herbicides.
Questions fréquentes
Comment reconnaître la renouée du Japon ?
Cherchez des massifs de 1 à 3 m aux tiges creuses comme du bambou, souvent tachées de pourpre, et des feuilles alternes de 7 à 15 cm, ovales à triangulaires, à base droite. En août et septembre, elle porte des grappes de petites fleurs blanc crème, selon le gouvernement du Québec.
Comment la distinguer de la renouée de Sakhaline ou de Bohème ?
Par les feuilles. Selon le gouvernement du Québec, leur taille et leur forme diffèrent souvent, et seule la renouée du Japon n'a pas de poils sur les nervures au dos des feuilles. La renouée de Bohème, un hybride, reste difficile à séparer sur le terrain.
Peut-on couper la renouée du Japon ?
Le gouvernement du Québec prévient que couper les tiges sans toucher aux rhizomes ne permet pas d'éliminer une colonie, et qu'une seule coupe peut même stimuler sa croissance. Les fragments de tiges et de rhizomes peuvent redonner des plants.
Que faire des déchets de renouée du Japon ?
Le gouvernement du Québec demande de les jeter aux ordures, sans les laisser dans la nature ni les composter, et de ne pas réutiliser de terre qui contient des résidus de renouée. Ailleurs, suivez les consignes de votre commune.
Où signaler la renouée du Japon ?
Au Québec, le ministère demande de la signaler avec l'outil Sentinelle, même en cas de doute sur l'espèce : une équipe vérifie chaque signalement. En France, en Belgique ou en Suisse, renseignez-vous auprès de votre commune ou de votre région.
Sources
- Renouée du Japon – Fiches des espèces floristiques — Gouvernement du Québec, ministère de l'Environnement
- Reynoutria japonica – Base d'informations espèces introduites — Centre de ressources espèces exotiques envahissantes (UICN France, OFB)
- Règlement européen relatif aux EEE : 26 nouvelles espèces inscrites sur la liste des EEE préoccupantes pour l'Union européenne — Centre de ressources espèces exotiques envahissantes (UICN France, OFB)
- Reynoutria japonica Houtt. — World Flora Online
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