Plantes exotiques envahissantes
Plantes invasives : les reconnaître en France, en Belgique et en Suisse
Renouée du Japon, balsamine de l'Himalaya, ambroisie, berce du Caucase, jussies et séneçon du Cap : les indices visibles sans loupe, ce que disent les sources officielles et où signaler.

En bref
Les plantes invasives se reconnaissent d'abord à leur tige et à leur manière de pousser en massifs denses. La renouée du Japon a des tiges creuses comme du bambou, mouchetées de pourpre, et des feuilles en zigzag ; la balsamine de l'Himalaya, des tiges creuses rougeâtres, des fleurs roses et des capsules qui éclatent au toucher. Le statut « invasive » relève des listes officielles, pas de l'aspect.
- Une espèce exotique envahissante est introduite par l'homme hors de son aire naturelle et a des conséquences négatives, selon le Centre de ressources EEE.
- Toutes les plantes introduites ne deviennent pas envahissantes : seule une partie a des impacts négatifs.
- La liste de l'Union européenne, prévue par le règlement 1143/2014, compte 114 espèces depuis la mise à jour de juillet 2025.
- Un fragment de rhizome de renouée d'1 cm peut redonner une plante : pas de compost de jardin, suivez les règles de votre commune.
Reconnaître les plantes invasives, c'est d'abord regarder où et comment elles poussent. Beaucoup forment des massifs denses au bord de l'eau, sur les talus ou dans les friches, et presque toutes se trahissent par un indice visible sans loupe : une tige creuse mouchetée, une capsule qui éclate, une ombelle géante. Cette page présente six plantes ou groupes que l'on croise en France, en Belgique et en Suisse, avec les mots des sources officielles et la marche à suivre pour signaler.
Plante exotique, plante invasive : la différence
Le Centre de ressources sur les espèces exotiques envahissantes, porté par le Comité français de l'UICN et l'OFB, définit une espèce exotique envahissante comme une espèce introduite par l'homme en dehors de son aire de répartition naturelle, volontairement ou fortuitement, dont l'implantation et la propagation ont des conséquences écologiques, économiques ou sanitaires négatives.
Exotique ne veut donc pas dire envahissante. Le Centre rappelle que les espèces introduites n'ont pas toutes des conséquences négatives : seule une partie d'entre elles cause des impacts, par exemple en modifiant le fonctionnement des milieux, en gênant l'agriculture ou en affectant la santé par des propriétés allergisantes.
Six plantes invasives à reconnaître
| Plante | L'indice qui la trahit | Où la chercher |
|---|---|---|
| Renouée du Japon (Reynoutria japonica) | tiges creuses comme du bambou, mouchetées de pourpre, feuilles en zigzag | berges, talus, bords de route |
| Balsamine de l'Himalaya (Impatiens glandulifera) | tiges creuses rougeâtres, fleurs roses, capsules qui éclatent au toucher | berges, lieux humides |
| Ambroisie à feuilles d'armoise (Ambrosia artemisiifolia) | feuilles très découpées, longs épis de petites fleurs verdâtres en été | chantiers, bords de route, champs |
| Berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum) | ombellifère de 2 à 3 m, tige mouchetée de pourpre, ombelle blanche géante | bords de cours d'eau, friches |
| Jussies (Ludwigia) | plantes amphibies aux fleurs jaunes, en herbiers sur l'eau | mares, marais, rivières lentes |
| Séneçon du Cap (Senecio inaequidens) | capitules jaunes de séneçon | à confirmer avec une flore locale |
Renouée du Japon : la tige en bambou
La Royal Horticultural Society décrit la renouée ainsi :
- Au printemps : des bourgeons roses et arrondis au ras du sol, d'où sortent des pousses rouge pourpre.
- Tige : comme du bambou, creuse, avec des nœuds bien marqués et des mouchetures rouge pourpre, d'environ 2 m de haut, souvent arquée au sommet en fin d'été.
- Feuilles : en forme de pelle à base presque droite, d'environ 14 cm, disposées en zigzag le long de la tige.
- Fleurs : petites grappes blanc crème au bout des tiges, en fin d'été et au début de l'automne.
La plateforme belge Harmonia précise que la renouée du Japon ne produit pas de graines chez nous : elle se multiplie par clonage, et des fragments de tige ou de rhizome portant un nœud suffisent à refaire une plante. Le transport de déchets verts et de terre contenant des rhizomes est son principal moyen de dispersion.
Le test : cassez une vieille tige sèche de l'an passé. Creuse et noueuse comme un bambou, à côté de jeunes pousses mouchetées : pensez renouée asiatique. Séparer la renouée du Japon, celle de Sakhaline et leur hybride relève d'un spécialiste.
Balsamine de l'Himalaya : les fleurs roses qui explosent
D'après la RHS, c'est une plante annuelle des berges, des ruisseaux et des lieux humides.
- Tige : robuste, creuse, souvent teintée de rouge, d'environ 2 m en un seul été.
- Feuilles : en fer de lance, au bord finement denté.
- Fleurs : parfumées, dans des tons de rose et de pourpre, parfois blanches, de juin à novembre.
- Fruits : des capsules qui éclatent au toucher et projettent les graines jusqu'à 7 m ; les graines restent viables deux ans.
Le test : effleurez une capsule mûre avec une brindille. Si elle s'enroule d'un coup en lançant ses graines, c'est une balsamine. Fleurs roses en casque sur une tige creuse rougeâtre à hauteur d'homme : balsamine de l'Himalaya.
Ambroisie et berce du Caucase : deux plantes qui touchent la santé
L'ambroisie est discrète, mais son pollen est très allergisant. Le site Ambroisie Risque le dit hautement allergisant, responsable chaque année de réactions sévères chez des milliers de personnes, et rappelle que sa présence dans les cultures réduit les rendements. Pour la reconnaître et la séparer des armoises, voyez la fiche ambroisie.
La berce du Caucase est impossible à rater : une ombellifère géante à tige creuse mouchetée de pourpre et à ombelle blanche très large. Ne la touchez pas : sa sève est phototoxique et peut provoquer de graves brûlures au soleil. Tous les détails et les sosies sont dans la fiche berce du Caucase, et d'autres plantes à risque au contact dans plantes toxiques de la maison et du jardin.
Jussies et séneçon du Cap
Les jussies sont, pour le Centre de ressources EEE, de très envahissantes plantes amphibies aux fleurs jaunes. Deux espèces exotiques du genre Ludwigia sont installées en métropole depuis plusieurs décennies, et le Centre note que les moyens de les réguler restent imparfaits. Un tapis de feuilles et de fleurs jaunes sur une mare ou un marais mérite un signalement.
Le séneçon du Cap (Senecio inaequidens) figure souvent dans les listes régionales de plantes envahissantes. Nous n'avons pas pu ouvrir de fiche officielle détaillant ses caractères au moment d'écrire : comparez votre plante avec une flore ou la fiche de votre conservatoire botanique avant de conclure.
Ce que disent les règles : Union européenne, Belgique, Suisse
Union européenne (France, Belgique). Le Centre de ressources EEE résume le règlement (UE) n° 1143/2014 du 22 octobre 2014 : il s'articule autour d'une liste d'espèces exotiques envahissantes préoccupantes pour l'Union, interdites d'importation, de vente, d'achat, d'utilisation et de libération dans l'environnement. Chaque État peut aussi établir sa propre liste, avec des mesures plus strictes. D'après la liste tenue par le Centre, la mise à jour de juillet 2025 porte la liste de l'Union à 114 espèces. Pour savoir si une plante précise y figure, consultez cette liste.
Belgique. La plateforme Harmonia, tenue par la Belgian Biodiversity Platform, évalue les espèces exotiques présentes dans le pays et leur impact, comme pour la renouée du Japon.
Suisse. La Suisse n'applique pas le règlement européen. Nous n'avons pas pu ouvrir la page de l'OFEV sur le sujet au moment d'écrire : renseignez-vous auprès du service de l'environnement de votre canton ou de votre commune.
Ce qu'il vaut mieux ne pas faire
- Pas de rhizomes ni de graines au compost de jardin. Selon la RHS, un fragment de rhizome de renouée d'1 cm peut redonner une plante, et creuser ou évacuer la plante la propage souvent.
- Pas de déchets verts dans la nature. Harmonia cite le transport de déchets verts et de terre comme principal moyen de dispersion de la renouée.
- Pas de graines données ou semées. La balsamine se répand surtout par ses graines, qui flottent le long des cours d'eau, selon la RHS.
- Pas de produit à l'aveugle. Si vous devez intervenir, suivez l'étiquette et les règles locales, et demandez d'abord l'avis de votre commune. Ce guide ne cite ni produit ni dose.
Signaler une plante invasive
En France, l'ambroisie se signale sur la Plateforme de signalement des ambroisies, mise en place par Atlasanté : selon Ambroisie Risque, toute personne peut y signaler sa présence, et des référents communaux et intercommunaux gèrent ensuite les signalements. Pour les autres plantes, adressez-vous à votre commune, à votre conservatoire botanique ou, en Belgique et en Suisse, au service environnement de votre région ou de votre canton. Dans tous les cas, une photo nette de la feuille, de la tige et de la fleur, le lieu exact et l'étendue du massif aident à traiter le signalement.
Ce qu'une photo peut vous apporter
Si vous ne savez pas laquelle de ces plantes vous avez devant vous, photographiez la feuille, la tige et la fleur. Plant Identifier vous propose un nom commun et un nom scientifique, avec une description de la plante, que vous comparez ensuite aux indices de cette page. L'application n'affiche ni liste d'espèces proches ni score de confiance : le test de terrain reste votre contre-vérification. Si vous autorisez la localisation, la découverte s'ajoute à la carte des plantes de l'application, ce qui aide à retrouver l'endroit pour un signalement. Pour réussir vos photos, voyez reconnaître une plante en photo.
Ce qu'une photo ne permet pas de trancher
- Le caractère envahissant est fixé par des listes officielles européennes, nationales, régionales ou cantonales ; une photo ne le détermine pas.
- Les renouées asiatiques et leurs hybrides, ou les deux jussies exotiques, se séparent souvent à la loupe ; pour un signalement, le genre suffit en général.
- Les jeunes pousses sans fleur, comme l'ambroisie au début de l'été, ressemblent à beaucoup de plantes indigènes.
- Une photo ne dit pas qui est chargé de la lutte chez vous ni quels moyens sont autorisés : c'est l'affaire de la commune, de la préfecture ou du canton.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une plante invasive ?
Selon le Centre de ressources EEE, c'est une espèce introduite par l'homme hors de son aire naturelle, volontairement ou non, dont l'implantation et la propagation ont des conséquences écologiques, économiques ou sanitaires négatives. La plupart des plantes introduites ne posent pas de problème ; seule une partie devient envahissante.
Peut-on mettre de la renouée du Japon au compost ?
Mieux vaut éviter le compost de jardin. La RHS écrit que la renouée repousse à partir de fragments de rhizome et de tige, et qu'un morceau d'1 cm peut donner une nouvelle plante. Demandez à votre commune ou à votre déchetterie comment l'évacuer.
Où signaler de l'ambroisie en France ?
Sur la Plateforme de signalement des ambroisies, mise en place par Atlasanté. Selon le site Ambroisie Risque, toute personne peut y signaler la présence de ces espèces ; les référents communaux et intercommunaux gèrent ensuite les signalements.
Que dit le règlement européen 1143/2014 ?
Il établit une liste d'espèces exotiques envahissantes préoccupantes pour l'Union. Selon le Centre de ressources EEE, ces espèces ne peuvent être ni importées, ni vendues, ni achetées, ni utilisées, ni libérées dans l'environnement. La liste compte 114 espèces depuis juillet 2025.
Une application peut-elle confirmer qu'une plante est invasive ?
Non. Une application propose un nom, que vous vérifiez avec les indices de cette page. Le statut d'espèce envahissante dépend des listes de l'Union, de l'État, de la région ou du canton, pas d'une photo.
Sources
- Définitions relatives aux espèces exotiques envahissantes — Centre de ressources EEE (UICN France, OFB)
- Réglementation — Centre de ressources EEE (UICN France, OFB)
- Liste d'espèces — Centre de ressources EEE (UICN France, OFB)
- Parution d'une lettre d'actualité spéciale « jussies exotiques » — Centre de ressources EEE (UICN France, OFB)
- Signaler la présence d'ambroisie — Ambroisie Risque (Observatoire des ambroisies)
- Invasive Alien Species in Belgium: Fallopia japonica — Belgian Biodiversity Platform (Harmonia)
- Japanese knotweed — Royal Horticultural Society (RHS)
- Himalayan balsam — Royal Horticultural Society (RHS)
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