Indices par la couleur

Fleur violette : son nom selon le lieu, le mois et la forme

Un tableau des fleurs violettes les plus courantes au jardin, dans les prés, en montagne et sur le balcon, puis les indices qui séparent les sosies.

Illustration de quatre plantes à fleurs violettes : un brin de lavande, une grappe pendante de glycine, un iris barbu violet et une campanule agglomérée
Illustration (générée par IA, à titre indicatif)

En bref

Pour trouver le nom d'une fleur violette, notez d'abord où elle pousse et en quel mois, puis la forme de la fleur. Au jardin, ce sont souvent la lavande (épis, été), la glycine (grappes pendantes, printemps) ou le buddleia (panicules lilas, juin à septembre). Dans les prés, la violette odorante fleurit de mars à mai, le colchique d'août à octobre, sans feuilles.

  • La couleur seule trompe : violet, lilas, pourpre et bleu se confondent selon la lumière et l'appareil photo.
  • La forme de la fleur (épi, grappe, cloche, capitule, deux lèvres) tranche plus vite que la teinte.
  • Colchique, digitale, aconit, glycine et clématite figurent parmi les plantes toxiques citées par l'ASPCA, l'Anses ou la flore de Coste.

Une fleur violette au bord d'un chemin, sur une pergola ou dans une jardinière : la couleur attire l'œil, mais elle seule ne donne presque jamais le nom. Le lieu et le mois réduisent la liste à une poignée de candidates, et la forme de la fleur tranche ensuite. Le tableau ci-dessous rassemble les fleurs violettes, lilas ou pourpres les plus courantes en France, avec un regard vers la Belgique et la Suisse. Les floraisons des plantes sauvages viennent de la Flore descriptive et illustrée de la France de l'abbé Coste, publiée sur Tela Botanica ; celles des plantes de jardin, du Plant Toolbox de NC State Extension.

Les fleurs violettes les plus courantes, par lieu

Plante Teinte Floraison Le signe qui la trahit
Au jardin et sur les murs
Lavande vraie (Lavandula angustifolia) violet lavande été épis de petites fleurs, feuilles étroites gris-vert, odeur au froissement
Népéta (Nepeta × faassenii) bleu violet printemps à été fleurs à deux lèvres, feuilles gris-vert à dents arrondies, aromatiques
Sauge des bois (Salvia nemorosa) violet ou rose été à automne épis de fleurs, feuilles ridées, dentées et aromatiques
Buddleia (Buddleja davidii) lilas, gorge orange juin à septembre arbuste, panicules de 10 à 25 cm, feuilles blanches et douces dessous
Lilas (Syringa vulgaris) lilas ou violacé avril à mai arbuste, fleurs à quatre lobes très odorantes, feuilles opposées un peu en cœur
Glycine (Wisteria sinensis) bleu violet printemps liane, grappes pendantes de 15 à 30 cm, fleurs en papillon, 7 à 13 folioles
Clématite 'Jackmanii' (Clematis) violet pourpre été grimpante, fleurs de 13 à 18 cm à quatre sépales
Iris des jardins (Iris germanica) violet, bleu et bien d'autres été trois pièces retombantes et trois dressées, feuilles en lanière disposées en éventail
Verveine de Buenos Aires (Verbena bonariensis) violet été à automne petites têtes au sommet de tiges hautes, de moins en moins feuillées vers le haut
Ail d'ornement (Allium giganteum) violet rose printemps à été boule au bout d'une hampe nue, feuilles en lanière à odeur d'ail
Crocus (Crocus) violet à blanc, souvent rayé février à mars six tépales, gorge souvent blanche, au ras du sol en fin d'hiver
Dans les prés, les bois et au bord des routes
Violette odorante (Viola odorata) violet foncé mars à mai cinq pétales avec éperon, très parfumée, feuilles en cœur
Lierre terrestre (Glechoma hederacea) violet taché de pourpre mars à mai rampant, fleurs à deux lèvres par 2 ou 3, feuilles en rein crénelées
Prunelle (Prunella vulgaris) bleu violet juin à septembre épi court et dense, une paire de feuilles qui entoure sa base
Vipérine (Echium vulgare) bleu ou violacé mai à août plante hérissée de poils raides, lieux secs et pierreux
Mauve sylvestre (Malva sylvestris) rose violacé veiné juin à septembre cinq grands pétales veinés, feuilles palmées
Centaurée jacée (Centaurea jacea) pourpre juin à septembre capitule à fleurs extérieures rayonnantes, prés frais
Knautie des champs (Knautia arvensis) rose ou lilas juin à août têtes hémisphériques, feuilles d'un vert grisâtre souvent découpées
Cirse des champs (Cirsium arvense) pourpre juillet à septembre petits capitules, feuilles bordées d'épines
Digitale pourpre (Digitalis purpurea) pourpre taché mai à septembre grandes cloches pendantes de 4 à 5 cm en longue grappe
Colchique d'automne (Colchicum autumnale) rose lilas août à octobre fleurs sans feuilles dans les prés humides
En montagne
Aconit napel (Aconitum napellus) bleu foncé, parfois violacé juillet à septembre longue grappe, tige de 1 à 2 m, feuilles profondément découpées
Ramonde des Pyrénées (Ramonda myconi) violet, gorge orangée mai à juillet rosette de feuilles velues et rousses dessous, sur rocher ombragé
Sur le balcon et dans la maison
Violette africaine (Streptocarpus ionanthus, ex-Saintpaulia) violet, bleu ou rose plusieurs fois par an rosette de feuilles épaisses et velues, souvent pourpres dessous
Bougainvillier (Bougainvillea) pourpre (les bractées) printemps à automne la couleur vient des bractées ; les vraies fleurs sont de petits tubes à lobes blancs
Ipomée pourpre (Ipomoea purpurea) violet été à automne grimpante, grandes feuilles en cœur à pointe fine

Deux remarques sur ce tableau. La callune, la bruyère des landes qui fleurit de juillet à octobre, est souvent dite violette, mais Coste la décrit à fleurs roses : cherchez-la aussi sous « rose ». Et la campanule à feuilles rondes, bleue chez Coste, paraît violette sur bien des photos : c'est la forme en cloche qui la nomme, pas la teinte.

Le deuxième indice qui tranche le plus vite

Une fois le lieu et le mois notés, regardez la forme de la fleur. Elle range les fleurs violettes en six groupes, et chaque groupe ne compte plus que deux ou trois candidates.

  • Épi ou grappe dressée de petites fleurs : lavande, népéta, sauge, prunelle, vipérine, verveine. Froissez une feuille entre deux doigts gantés : la lavande et la népéta sentent fort, la vipérine pique.
  • Grappe pendante : glycine, au printemps seulement. La fiche de NC State Extension décrit des grappes de 15 à 30 cm de fleurs en papillon qui s'ouvrent presque toutes en même temps.
  • Panicule en cône : buddleia et lilas. Le lilas fleurit en avril et mai ; le buddleia prend le relais de juin à septembre, avec une gorge orange au centre de chaque petite fleur.
  • Cloche : digitale, campanule, et le crocus à demi ouvert.
  • Capitule (une tête de petites fleurs serrées) : centaurée, knautie, cirse.
  • Grande fleur ouverte : clématite, iris, mauve, ramonde, violette.

Le schéma donne un nom à chaque façon dont les fleurs se groupent sur la tige : grappe, épi, panicule, ombelle, ombelle composée, corymbe, capitule et cyme. La lavande porte des épis, la glycine des grappes pendantes, le lilas et le buddleia des panicules, la centaurée et le cirse des capitules ; cette disposition ne change pas, quelle que soit la nuance de violet.

Schéma des types d'inflorescences avec huit dispositions légendées : Grappe, Épi, Panicule, Ombelle, Ombelle composée, Corymbe, Capitule, Cyme
Regardez d'où partent les pédoncules : le long d'un axe, d'un même point ou serrés en une seule tête.

Le port compte aussi : une liane qui s'enroule (glycine, ipomée), une rosette au ras du sol (violette, ramonde, violette africaine), un arbuste (lilas, buddleia), une tige qui dépasse un mètre (aconit, digitale). Pour filtrer sans photo, à partir de ces critères, utilisez notre outil pour reconnaître une fleur.

Les sosies violets et comment les séparer

Colchique ou crocus. Les deux portent une coupe lilas au ras du sol. Le crocus fleurit en fin d'hiver, en février et mars, souvent avec une gorge blanche. Le colchique fleurit d'août à octobre et ses fleurs sortent seules : l'Anses rappelle que ses feuilles apparaissent au printemps et que ses fleurs n'arrivent qu'à l'automne. Une fleur lilas sans feuilles dans un pré en septembre est donc d'abord un colchique.

Lavande, népéta ou sauge. Trois épis violets et parfumés. La lavande a des feuilles étroites, presque linéaires, gris-vert et enroulées sur les bords. La népéta a des feuilles ovales à dents arrondies. La sauge des bois a des feuilles plus grandes, ridées et dentées.

Glycine, clématite ou ipomée. Trois grimpantes. La glycine a des feuilles composées de 7 à 13 folioles et des grappes pendantes, au printemps. La clématite 'Jackmanii' fleurit en été, avec des fleurs ouvertes de 13 à 18 cm à quatre sépales. L'ipomée a des feuilles simples, larges et en cœur, et fleurit de l'été à l'automne ; voyez notre guide des plantes aux feuilles en forme de cœur.

Violette, lierre terrestre ou prunelle. Trois petites fleurs de pelouse. La violette a cinq pétales et un éperon ; ses feuilles adultes sont « ovales en cœur » et crénelées selon Coste. Le lierre terrestre rampe et porte des fleurs à deux lèvres à l'aisselle de feuilles en rein. La prunelle dresse un épi court et dense, plutôt de juin à septembre.

Centaurée, knautie ou cirse. Trois capitules pourpres de bord de route. Le cirse pique : ses feuilles sont bordées d'épines. La centaurée jacée a des fleurs extérieures plus grandes, rayonnantes, et sous la tête des bractées terminées par un appendice frangé. La knautie a des têtes hémisphériques et des feuilles d'un vert grisâtre.

Ramonde des Pyrénées. Pas de vrai sosie en France : la flore de Coste la décrit sur les rochers ombragés des Pyrénées orientales et centrales, avec des fleurs violettes de 3 à 4 cm en roue, à gorge orangée, au-dessus d'une rosette de feuilles velues et rousses dessous.

Les fleurs violettes toxiques

Plusieurs fleurs violettes courantes figurent sur des listes de plantes toxiques. Nous rapportons ce que disent les sources ; aucune n'est à goûter.

  • Colchique d'automne : listé comme toxique pour les chiens, les chats et les chevaux par l'ASPCA. L'Anses et les centres antipoison signalent des intoxications graves par confusion de ses feuilles avec l'ail des ours, dont deux décès entre 2020 et 2022.
  • Digitale pourpre : listée comme toxique pour les chiens, les chats et les chevaux par l'ASPCA ; l'aide-mémoire de l'Anses et des centres antipoison décrit des troubles digestifs et cardiaques en cas d'ingestion.
  • Aconit napel : dit « vénéneux » par la flore de Coste.
  • Glycine, clématite, iris et lavande : chacun listé comme toxique pour les chiens, les chats et les chevaux par l'ASPCA.

Les végétaux sont en cause dans 5 % des intoxications recensées par les centres antipoison. En cas d'ingestion : pour une personne, appelez un centre antipoison, ou le 15 ou le 112 en cas de détresse vitale. Pour un animal, appelez votre vétérinaire ou le centre antipoison vétérinaire CNITV : 04 78 87 10 40. En Belgique, Centre Antipoisons : 070 245 245 ; en Suisse, Tox Info Suisse : 145.

Quant aux fleurs violettes dites comestibles, ce site ne donne aucun conseil de comestibilité.

Une photo pour trancher

Quand le tableau laisse deux ou trois candidates, une photo nette tranche souvent. Plant Identifier, gratuit à télécharger sur iPhone, nomme une plante à partir d'une seule photo, prise sur le moment ou tirée de la photothèque : cadrez une fleur bien ouverte, puis refaites une photo de la plante entière avec ses feuilles. La réponse donne le nom commun et le nom scientifique ; il faut une connexion internet. Comparez-la ensuite avec votre lieu et votre mois : un colchique proposé en avril ou une lavande sans odeur doivent vous faire douter.

Pour une fleur qui pourrait être toxique, l'outil Toxicologie de Plant Identifier rédige des notes pour les personnes, les chiens et les chats ; elles ne remplacent ni un centre antipoison ni un vétérinaire. Si la fleur pousse au bord d'un chemin, la Carte des plantes garde l'endroit où vous l'avez identifiée, pour la retrouver l'été suivant. Et pour les fleurs sauvages de toutes les couleurs, notre guide des fleurs des champs donne la méthode par la forme de la fleur.

Ce qu'une photo ne permet pas de trancher

  • Une photo restitue mal la teinte : le même épi peut sortir bleu à l'ombre et violet au soleil, et les cultivars de jardin existent souvent en blanc ou en rose.
  • Le colchique et le crocus se ressemblent en fleur ; sans la saison ni les feuilles, une photo de la seule corolle ne suffit pas à trancher.
  • Aucune appli ne dit si une fleur se mange : ne décidez jamais de cela à partir d'une photo.

Questions fréquentes

Quelle est cette petite fleur violette au ras de la pelouse au printemps ?

Trois candidates reviennent souvent de mars à juillet. La violette odorante a cinq pétales avec un éperon et des feuilles en cœur. Le lierre terrestre porte des fleurs à deux lèvres par deux ou trois à l'aisselle de feuilles en rein. La prunelle forme un épi court et dense, entouré à sa base par une paire de feuilles.

Quelle fleur violette grimpe sur les murs et les pergolas ?

Au printemps, la glycine, avec ses grappes pendantes de 15 à 30 cm et ses feuilles composées. En été, la clématite 'Jackmanii', aux grandes fleurs à quatre sépales, ou l'ipomée pourpre, aux fleurs violettes et aux grandes feuilles en cœur.

Quelle fleur violette pousse dans les Pyrénées ?

La ramonde des Pyrénées est la plus typique : des fleurs violettes de 3 à 4 cm à gorge orangée, au-dessus d'une rosette de feuilles velues et rousses dessous, sur les rochers ombragés des Pyrénées orientales et centrales, de mai à juillet selon la flore de Coste.

Les fleurs violettes sont-elles comestibles ?

Ce site ne donne aucun conseil sur la comestibilité des plantes, et une identification par photo ne permet jamais de décider qu'une fleur se mange.

Sources

  1. Viola odorata L. (fiche eFlore, texte de la Flore de Coste) — Tela Botanica
  2. Ramonda myconi (L.) Rchb. (fiche eFlore, texte de la Flore de Coste) — Tela Botanica
  3. Wisteria sinensis (Chinese Wisteria) — NC State Extension, Plant Toolbox
  4. Buddleja davidii (Butterfly Bush) — NC State Extension, Plant Toolbox
  5. Autumn Crocus (Colchicum autumnale) — ASPCA Animal Poison Control Center
  6. Confusion entre colchique et ail des ours : des intoxications parfois mortelles — Anses
  7. Plantes — Association des centres antipoison et de toxicovigilance

Mis à jour le · Rédigé par l'équipe Plant Identifier · Notre méthode de rédaction

Publié le

Cette page donne des informations générales pour reconnaître les plantes. Ne décidez jamais d'après une page ou une application si une plante est comestible, sans danger au toucher ou pour les enfants et les animaux : demandez à un médecin, à un vétérinaire ou à un centre antipoison.